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Charlotte Bousquet

Avec La marque de la bête, Charlotte Bousquet nous livre une relecture fidèle mais moderne du mythe de Peau d\'Âne...
Charlotte Bousquet
Pourquoi cette relecture de "Peau d'âne" ?

Quand j’étais petite, ma mère me lisait, chaque soir, un conte de Grimm. J’ai grandi avec ces histoires, m’intéressant de plus en plus, non à ce qu’elles montraient, mais à ce qu’elles dissimulaient. Ces éléments cachés rendent les contes bien plus complexes et souvent bien plus sombres que ce que l’on donne à voir aux lecteurs ou au public, s’il s’agit d’une adaptation cinématographique. L’exemple qui me vient en tête est « La petite sirène », de Hans Christian Andersen, complètement transformé par le dessin-animé de Disney. Ariel est très mignonne, l’histoire se termine bien mais n’a plus grand-chose à voir avec la matière originelle du conte.

J’ai lu La Psychanalyse des contes de fées, de Bettelheim, plusieurs articles de Todorov et, plus récemment, Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estès, afin de nourrir mes recherches…  Et je me suis aperçue qu’aucun d’eux n’évoquaient « Peau d’âne ».

Ils tournaient autour du sujet, mais ne tentaient jamais l’étude du conte. Je me suis demandé pourquoi.

J’ai donc relu « Peau d’âne » (« Peau de mille bêtes » dans la version des frères Grimm) et La Marque de la bête est née.

Quant à savoir pourquoi ni Bettelheim, ni Estès n’ont analysé « Peau d’âne », je n’ai aujourd’hui toujours pas de réponse…

 Quels sont vos genres de Fantasy et auteurs préférés ?

Mes goûts sont assez éclectiques, d’autant que j’ai des « périodes » durant lesquelles je lis tout ce qu’un auteur a pu écrire -ce qui a été le cas par exemple, avec l’œuvre de Mercedes Lackey - pour passer ensuite à quelque chose de complètement différent. J’ai un faible pour la fantasy historique – les romans de Guy Gavriel Kay, en particulier La Chanson de Narbonne et Les Lions d’Al Rassan m’ont particulièrement marquée – et l’imaginaire francophone. Ainsi, les ouvrages de Mélanie Fazi, Nicolas Cluzeau, ou encore Fabien Clavel sont en très bonne place dans ma bibliothèque.  

 En tant qu'auteur, qu'est-ce qui vous attire dans l'écriture pour la jeunesse ?

Je crois que certaines histoires prennent naturellement la forme d’un roman destiné à la jeunesse. Ce sont celles que j’aurais aimé lire quand j’étais enfant ou adolescente. J’adorais me projeter dans tel ou tel personnage. J’espère donner au lecteur ce même plaisir, tout en l’amenant à se poser des questions sur lui-même, sur les autres, sur le monde qui l’entoure.

En somme, lui proposer des clefs et le laisser choisir d’ouvrir ou non des portes, voire d’en inventer de nouvelles (comme le fait la petite héroïne du Labyrinthe de Pan, de Guillermo del Toro).